Comme l’or noir

Poursuite du projet Emporté réalisé au musée de la mine du carreau Joseph-Else, Comme l’or noir est une exposition qui parle des mineurs, de la potasse, mais surtout de la question de la mémoire. Les interviews, les photographies témoignant des changements topographiques du bassin minier, l’installation Emporté, cherchent ensembles à parler d’une histoire aujourd’hui au futur incertain que m’ont raconté les mineurs de l’association Kalivie.

1-Une histoire de famille 12’05
2-Cent ans d’exploitation 04’26
3-Au fond de la mine 04’45

Table, bancs, témoignages sonores

Huit membres actifs de l’association Kalivie racontent les mines de potasse d’Alsace. Entre découverte de l’univers minier et partage d’émotions personnelles se dessine de manière sous-jacente la problématique de la mémoire.

Quelques extraits sonores :

« Dans ma génération on devenait mineur de père en fils. Pourquoi ? Car à l’école on parlait de mine, à la maison on parlait de mine et naturellement à 14 ans nous étions dirigés obligatoirement vers l’école des mines. »
Roland Ringenbach

« La potasse elle m’a fait vivre. Elle a fait vivre plein de copains. Tous les gens qui sont descendus ont vécu de la potasse. Les gens qui travaillaient au jour ont vécu de la potasse, les ingénieurs ont vécu de la potasse, les entreprises extérieures ont vécu avec la potasse, donc je pense que la potasse est une bonne chose que l’on a trouvé, que l’on a travaillé pendant un siècle. La modernisation de l’Alsace s’est beaucoup faite avec la potasse. »
Pierre Fischer

« Finalement le sel ça n’a pas de valeur, ça n’avait qu’une valeur marchande, vu qu’ils le traitaient après pour faire de l’engrais, mais autrement il n’avait pas de valeur. C’est comme lorsque vous ramassez un caillou au bord d’une rivière : c’est la valeur que vous lui donnez qui compte et ce n’est pas le petit bout que vous allez emmener qui va manquer à la production. Parce que là on parle de millions de tonnes quand même! » 
Jacques Holder

série de 14 photographies numériques de 10x8cm

Conduite par Marie-Anne, je retourne quelques heures durant sur le territoire de l’ancien bassin minier. Véritable prise de conscience face à cette réalité de terrain: la forte transformation du paysage allant jusqu’à l’effacement des infrastructures minières.

banc, vidéoprojection, 16’19, dimension variable

Des collines apparaissent et disparaissent sous nos yeux. Ces terrils, à l’origine traces à l’air libre d’une activité souterraine, ne sont plus que des photographies d’archives, seules témoins d’une activité passée. Ces visions paysagères n’existent désormais plus que dans la mémoire des mineurs de manière active.

aluminium, zinc, fer à béton, béton, potasse, bois, papier, roulettes,
sacs en toile de jute Société Commerciale de Potasse d’Alsace,
enregistrement sonore : boucle de 4’38, dimensions variables.

Des sacs qui servaient à transporter la potasse extraite désormais vides.
Un enregistrement sonore de la toute dernière remontée effectuée par les mineurs avant sa fermeture définitive.
Des morceaux de potasse précieusement conservés par les anciens mineurs.
Des souvenirs ici rédigés.

Extraits de la mine, tous ces fragments fragiles sont les témoins d’une vie passée pour les mineurs, hantés par la question de l’oubli. Par leur valeur sentimentale elles sont comme des reliques que huit membres de l’association Kalivie ont toutefois bien voulu partager.