Vacance

Un sentiment de l’ordre du passage parcourt cette chapelle sans que rien ne vienne jamais s’y fixer. Même au regard de son histoire ses occupants n’ont habité ces murs que durant de courtes périodes.
Murs blancs, désacralisée, seule la lumière traversant les vitres ou les échos de l’extérieur viennent au quotidien l’animer, à l’abri des regards, brisant le silence qui l’habite. Le temps m’a semblé y être comme suspendu, son histoire à l’arrêt, en attente d’un événement à venir. Je propose alors pour cette exposition des apparitions éphémères et fragiles mais impossibles sans le passage du spectateur.

Installation, 7 formes en laiton de 29,5x21x21cm, fil polyester. Dimensions variables, 2016
© ville de Sélestat.PK.

La porte s’ouvre, un air nouveau s’engouffre bouleversant l’équilibre de celui jusque-là en suspend. Les formes s’animent, tel des instruments de mesure d’un autre temps, dans un mouvement faisant écho aux déplacements de ce visiteur impromptu.
Le lieu se réveille doucement, dans le murmure d’un souffle d’air.

Mât en acier de 4m de haut, base de 70×70 cm,
plastique de 2m de long et 30 cm de diamètre. Détecteur de mouvement, ventilateur, 2016

© ville de Sélestat.PK.

Comme un appel de l’extérieur qui résonne à l’intérieur même de la chapelle.
Franchir le seuil de la porte signifie voir sa présence décelée. Notre mouvement en déclenche un autre. Le courant d’air se crée : au-dessus de nous, pour et grâce à nous.
Là où la chapelle est au quotidien en apnée, se révèle alors la forme en une longue expiration. Le lieu est habité.

Acier, Papier Berlin 2g, 155×24 cm, 2014
© ville de sélestat.PK.

En une respiration. Sous un souffle de vent.
Les pages de ce livre au papier très fin se révèlent dans leur déplacement. En un mouvement d’air les pages de l’histoire se tournent. Un moment de l’histoire de l’objet lui-même se donne alors à lire mais uniquement aux yeux de celui qui a été là, et pour une fraction de secondes.